Photovoltaïque les implications de la nouvelle loi sur l’électricité
Depuis début 2025, de nouvelles règles liées à l’électricité entrent progressivement en vigueur en Suisse. Olivier Thorens, directeur de la SEIC, nous explique les principaux changements touchant les producteurs solaires et les consommateurs que nous sommes tous.
En 2024, le peuple suisse a adopté une série de mesures appelée “nouvelle loi sur l’électricité”. Dans quel contexte ces mesures s’inscrivent-elles ?
Ce que l’on appelle souvent “nouvelle loi sur l’électricité” n’est pas une loi unique, mais un ensemble de modifications de la loi sur l’énergie, de la loi sur l’approvisionnement en électricité et de leurs ordonnances. Pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, la Suisse doit remplacer les énergies fossiles par de l’électricité issue de sources renouvelables. Cela passe par une amélioration de l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. Les modifications légales encadrent notamment l’accroissement de la production d’énergie renouvelable et l’injection de cette production dans les réseaux électriques. Elles visent de plus un renforcement de la sécurité de l’approvisionnement sur le long terme. La transition va générer une forte croissance de la demande en électricité, et un approvisionnement fiable et abordable doit être garanti.
Quelles sont les conséquences pour les réseaux électriques du fort développement du photovoltaïque ?
Les installations photovoltaïques produisent de l’énergie en tous points du réseau. La production ne vient plus seulement de grandes centrales : elle provient aussi du toit de votre maison, des immeubles voisins, de hangars, etc. Cette multiplication des producteurs est positive, mais il faut adapter les pratiques pour éviter un engorgement aux moments de forte production, c’est-à-dire lorsque toute l’énergie photovoltaïque arrive en même temps dans le réseau.
Comment les réseaux évoluent‑ils pour intégrer cette production solaire ?
Pour gérer à la fois cette production locale et l’augmentation de la consommation liée à l’électrification de la société, les réseaux devront être pilotés de manière active. Cela permettra de limiter les fortes variations dans les flux d’électricité et de mieux équilibrer, à chaque instant, l’énergie produite et l’énergie consommée (smartgrid). L’installation progressive de compteurs intelligents chez nos clients y contribue. D’ailleurs, ces compteurs vous permettent aussi de suivre votre consommation et d’identifier des économies possibles à travers votre espace client. Une autre évolution imposée par la loi consiste à limiter l’injection photovoltaïque des nouvelles installations lors des pics de production.
N’est-il pas indispensable de consommer l’électricité là où elle est produite, afin d’éviter des adaptations coûteuses des réseaux ?
Tout à fait. L’autoconsommation est au cœur de la transition. Utiliser directement l’énergie produite sur place est plus efficace et avantageux, pour les propriétaires comme pour les consommateurs. Elle peut être utilisée en journée, par exemple, pour chauffer ou ventiler un bâtiment. Et lorsque la production dépasse les besoins, des batteries peuvent stocker l’énergie pour une consommation différée, peut-être en soirée.
Comment les mesures adoptées en 2024 encouragent‑elles cette autoconsommation ?
Le nouveau cadre légal introduit une rétribution basée sur les prix du marché pour l’électricité réinjectée dans le réseau. Il propose aussi de nouveaux modèles d’autoconsommation collective, comme le regroupement pour la consommation propre virtuel (RCPv) ou les communautés électriques locales (CEL), qui permettent d’élargir les zones où un producteur peut vendre son énergie. Si vous souhaitez en en savoir plus, contactez‑nous, nous vous répondrons avec plaisir.
Merci beaucoup Olivier Thorens pour toutes ces explications !